Mémoriser: signets, favoris et références

Un article de Wiki URFIST.

Sommaire

[modifier] Introduction

Cet article[1] examine quelques outils qui permettent à l'utilisateur du web de mémoriser ses "trouvailles", qu'il les ait obtenues à la suite d'une recherche ou par sérendipité.

[modifier] Convergence des outils de gestion de signets et des outils de gestion de références

Il sera principalement traité de deux groupes d'outils différents quant à leur objet et quant à leur méthode: les gestionnaires de favoris et les gestionnaires de références.

L'un et l'autre groupe proviennent d'univers très différents: alors que la mémorisation de pages web est un besoin qui est apparu avec le développement du web lui-même, qu'elle a été très vite intégrée aux navigateurs et qu'elle répond aux besoins de l'internaute lambda, la gestion des références est au départ indépendante du web, de l'internet lui-même et répond d'abord aux besoins d'une population très particulière, celle des producteurs de documents, spécialement de documents scientifiques (articles, livres, thèses...). Les premiers outils de gestion de références visaient à permettre de gérer sa bibliographie et à l'intégrer dans sa rédaction (inclusion de références, rédaction de listes bibliographiques). Il s'agissait d'outils locaux (desktop applications) qui n'ont intégré que graduellement l'existence de l'internet.

Cependant l'importance acquise par l'internet pour le monde scientifique, d'abord par la généralisation des revues numériques (la documentation électronique), sans remettre en cause les finalités pratiques des outils locaux, a fait de l'accès en ligne une qualité déterminante pour l'utilisateur.

Par ailleurs, les développements et l'inventivité du web de "tout le monde", ce qu'on désigne comme "web 2.0", dans le domaine de la mémorisation de pages web, ont petit à petit impacté le monde plus choisi des outils de gestion des références à l'heure où il est de plus en plus rare qu'à un document, du moins s'il est récent, ne soit pas associée une page web.

[modifier] Typologie des outils de mémorisation

[modifier] critères

Le tableau suivant présente une répartition des différents outils de mémorisation disponibles, représentés par quelques exemples, selon plusieurs critères.

Basiquement il croise deux critères: selon l'objet mémorisé et selon que l'outil est local, hébergé en ligne ou encore installable sur un serveur local. Concernant les outils de gestion de références, un troisième critère, celui de la gratuité ou du caractère onéreux fournit une bi-partition secondaire (tous les outils de gestions de signets présentés ici sont gratuits).

[modifier] 1er critère: signets ou références

Les outils examinés mettent en mémoire:

  • soit des pages web, on parle alors de signets, de marque-pages, de bookmarks ou de favoris (ce dernier terme, qui est celui d'Internet Explorer désigne plutôt l'objet mémorisé alors que les précédents désignent plutôt le lien vers cet objet tel qu'il est stocké par l'outil), le coeur de la description (de ce qui est effectivement mis en mémoire) consiste en deux élements: une URL et un titre, des éléments automatiquement donnés au moment où une page web est chargée dans le navigateur;
  • soit des documents, on parle alors de références ou de citations, la description mise en mémoire, si elle est complète, est beaucoup plus complexe que dans le cas précédent puisqu'elle rassemble les éléments d'une description bibliographique susceptible de figurer dans un travail universitaire, une URL associée au document n'est pas obligatoire et dans le cas où le document est effectivement attaché à une page web, les éléments descriptifs (métadonnées) nécessaires ne sont pas forcément récoltables automatiquement depuis cette page. Les outils de cette catégorie sont donc plus complexes que ceux de la catégorie précédente.

[modifier] 2e critère: local ou en ligne

Les outils examinés sont:

  • soit utilisables en local, c'est-à-dire à partir d'une application installée sur une machine particulière, en pratique intégrés à un navigateur;
  • soit en ligne, c'est-à-dire accessibles depuis n'importe quelle machine, les signets étant mis en mémoire et disponibles sur un serveur web, les gestionnaires de signets font partis de la grande famille des outils 2.0 utilisables moyennant la création d'un compte sur une plateforme et identification sur ce compte;
  • une sous-répartition distingue parmi les outils en ligne les services hébergés (le cas le plus courant) et les services installables sur un serveur local, ce qui est intéressant lorsqu'on veut inégrer la mémorisation à un système d'information propre.

[modifier] tableau

objets mémorisés →

accès à l'outil↓
SIGNETS
(Pages web)
REFERENCES
(Documents)
Gratuit Onéreux
LOCAL Favoris IE
Marques-pages Firefox
Bibus
Zotero
BibDesk
EndNote
EN LIGNE hébergé delicious
Pocket
...
Google bookmarks
Diigo
CiteuLike
Bibus
Zotero 2.0
Refworks
EndNote Web
Bibsonomy
serveur
local
Semantic Scuttle Wikindx

[modifier] Favoris et signets

[modifier] Quelques méthodes rudimentaires

[modifier] pas de mémorisation

"Je trouve tout ce dont j'ai besoin par Google, Pourquoi gérer ses favoris?"

Cette confiance excessive faite aux moteurs de recherche entraîne une grand passivité à leur égard et réduit dramatiquement le champ de l'internet utile. Une recherche effective sur un moteur de recherche se traduit souvent par l'élimination d'un grand nombre de sites et par la sélection du ou des quelques sites qui correspondent à la demande dans sa particularité. Imaginons une recherche portant sur une méthode pour arrêter de fumer, pour perdre du poids ou de la meilleure recette de spaghettis carbonara. La mémorisation permet de capitaliser ce travail de sélection.

Plus évidemment encore, une activité de veille efficace est impossible sans outil de mémorisation.

Une des raison allégable pour justifier l'utilisation exclusive des moteurs de recherche peut être le nomadisme et l'impossibilité conséquente de l'usage de mémorisation intégrée au navigateur. Les outils en ligne, on va le voir, répondent parfaitement aux besoins des utilisateurs nomades.

[modifier] utilisation de l'outil intégré au navigateur

La page web mémorisée avec son adresse (URL) est accessible via un menu déroulant du navigateur. La navigateur offre une interface de gestion des signets, notamment par la constitution de dossiers qui permettent de classer les signets. L'utilisation de cette interface est relativement lourde et son efficacité limitée. A l'usage on constate qu'en général le rangement des signets ne suit pas la mémorisation voire n'est pas effectué du tout et le menu "Marque-pages" ou "favoris" fonctionne comme une archive plutôt que comme une boîte à outils. La recherche d'une page mémorisée s'apparente vite à une recherche archéologique dans des couches de plus en plus profondes.

Néanmoins l'utilisation de l'outil "marque-pages" du navigateur peut utilement s'intégrer dans une stratégie de mémorisation en complémemt avec les outils en ligne. C'est pourquoi nous y reviendrons bientôt.

[modifier] utilisation de l'outil intégré à la plateforme de publication

La plupart des plateformes de partage intègrent une fonction "favoris" qui permet de mémoriser des documents/items sur cette plateforme. C'est vrai en particulier pour les plateformes de photographies comme Flickr, de vidéos comme YouTube ou DailyMotion, de présentations comme SlideShare, de périodiques électroniques comme ScienceDirect, des catalogues de bibliothèques comme le Sudoc, des bibliothèques numériques comme Gallica ou Google Books.

Ce type de mémorisation est adapté à une utilisation des documents au sein de la plateforme ou à partir de celle-ci et il isole les documents mémorisés des documents sur le même sujet mais d'une forme ou d'une origine différentes.

[modifier] pages de signets

Une autre technique rudimentaire de mémorisation est l'établissement de liste de liens: pages de signets, à utilisation individuelle ou collective (les pages de liens ou de signets ont longtemps fait partie de l'équipement de base d'un site de bibliothèque), réalisées à l'aide d'un éditeur html ou de fenêtres (widgets) de liens intégrées à certaines pages: sur la page d'accueil d'un CMS ou sur une page d'accueil personnalisée (iGoogle, NetVibes, etc.). Cf. infra.

Le "coût" relatif d'une mémorisation et les limitations des possibilités d'affichage réservent cette méthode à un petit nombre de liens plutôt du type outil.

[modifier] Quelles pages mémorise-t-on? (essai de typologie des favoris)

[modifier] élements d'un signet

(On appelle ici "favori" la page web mémorisée et "signet" la référence mise en mémoire. Intégrés dans l'appareil de gestion des favoris dans le navigateur, il existe deux autres types de "signets" d'une nature un peu différente:

  • les "marques-pages dynamiques", qui mémorisent sous un dossier l'ensemble des items d'un fil de syndication (cf. infra);
  • les bookmarklets qui pointent non plus vers une (ou des) URL mais lancent un script qui va effectuer certaines opérations, cf. infra.)

Un signet est composé à la base de deux éléments: un nom qui va identifier le favori et une adresse web: l'URL de la page mémorisée. C'est le titre de la page (chaîne de caractères saisie entre les balises html <title>...</title> de la partie head de la page web, qui vient s'afficher en haut de la fenêtre du navigateur) qui est automatiquement enregistrée comme nom du marque-page. Il est cependant modifiable, ce qui est nécessaire lorsque le titre de la page n'est pas significatif ou lorsqu'il est manquant. (On voit donc que pour l'essentiel un signet a la même structure qu'un lien: adresse + texte).

Si, techniquement, ce qui est mémorisé avec un signet est toujours une page html, ce que vise la mémorisation (l'intention du mémorisateur) peut être cette page elle-même ou un ensemble de pages dont la page mémorisée constitue "l'entrée", c'est-à-dire que ce qui est mémorisé ainsi, c'est un site (l'url est alors l'adresse du serveur, la racine de l'arborescence) ou un sous-site, une partie cohérente d'un site, généralement rassemblée sous une arborescence commune.

Dans le cas où c'est bien la page html, pour son contenu qui est visée, la finalité de la mise en mémoire et l'utilisation future projetée est également très diverse. En simplifiant on peut réduire les favoris en trois grandes catégories:

[modifier] documents

Des pages web où l'on va pour en consulter le contenu actuel (stable), de type textuel ou autre: article de périodique en ligne, billet de blogue, etc..

[modifier] ressources

Pages d'entrée sur un ensemble de "documents" (au sens défini ci-dessus), où l'on va pour trouver un certain type de documents: portail de base de données, catalogue, site de partage de vidéos, etc..

[modifier] outils

Des pages web où l'on va pour travailler: organiser des informations, produire ou gérer du contenu, voire écouter de la musique ou téléphoner: page d'administration d'un blogue, annuaires, service de messagerie en ligne, météo, agrégateur de flux de syndication...

Il n'est pas possible de tracer une frontière étanche entre les deux dernières catégories: je peux venir sur certains sites (Flickr par exemple ou un wiki) pour en consulter le contenu ou pour y apporter et gérer mon contenu.

L'outil peut être mémorisé pour une utilisation effective ou pour mémoire en vue d'une utilisation potentielle future ou simplement par souci de recensement. Dans le premier cas, ces pages web "outils" sont celles on l'on revient le plus souvent. L'accès au signet doit donc être rapide et aisé.

Comme on le voit, l'ordre documents > ressources > outils recouvre un ordre de fréquence croissante d'utilisation et va donc conditionner le choix d'outil pour le traitement des favoris.

[modifier] en local (intégrés au navigateur)

Si, comme dit plus haut, la fonction de mémorisation de sites intégrée dans les navigateurs (Favoris sous IE[2], Marque-pages sous Firefox[3]...) offre un outil qui montre vite ses limites comme outil principal de mémorisation, elle reste très utile voire indispensable en complément à un outil plus puissant (en particulier un outil en ligne). Elle permet de garder "sous la main" les signets les plus fréquemment utilisés, spécialement ceux appartenant à la catégorie "outils" distinguée ci-dessus. Sous Firefox par exemple, la mémorisation de ses favoris les plus utilisés soit directement dans la barre personnelle, soit dans des menus déroulants depuis celle-ci permet un accès plus rapide et plus facile que le menu déroulant global depuis la barre de menu générale.

[modifier] signets dynamiques

Les versions récentes des navigateurs intègrent une fonction dite "marques-pages dynamiques" (sous Firefox). Il s'agit alors de mémoriser non pas une page html mais un flux de syndication (Rss ou Atom). L'URL génère alors à la place du signet habituel un dossier contenant, comme autant de signets individuels, les liens vers les items du flux mémorisé. Le contenu de ce dossier est modifié avec chaque mise à jour du flux mémorisé. Cette fonction, qui n'est valable que pour un petit nombre de flux, relève plus de la fonction "lecture de flux de syndication" que de la fonction "mémorisation".

[modifier] gestion des signets

Pour la mémorisation de sites moins souvent visités, l'outil local est insuffisant: les signets ont tendance à s'accumuler dans le menu "marques-pages". Pour les retrouver il faut d'abord se souvenir qu'on a mémorisé en signet telle page web (c'est-à-dire avoir recours à la mémorisation "naturelle") et retracer ensuite le signet peut relever de la fouille d'archives. Les navigateurs proposent une interface de gestion des signets mais pour l'essentiel il s'agit de classer les signets dans des dossiers, méthode longue, rétrospective et qui présente les inconvénients d'une organisation hiérarchique de l'information (même s'il est possible de ranger un même signet dans plusieurs dossiers).

Ainsi pour la mémorisation de ces sites qui ne seront pas visités régulièrement, en particulier ceux qui appartiennent à la catégorie "documents" (cf. supra) ou les sites d'outils repérés mais pas adoptés, l'usage d'un outil en ligne s'avère plus efficace.

[modifier] Intégration des outils en ligne dans le navigateur

Certains outils de gestion en ligne (del.icio.us) peuvent être intégrés au navigateur jusqu'à y remplacer complètement ou pour l'essentiel la fonction built-in (remplacement du menu "marque-pages" par le menu "del.icio.us" sous Firefox). Cf. infra. [4]

[modifier] en ligne

[modifier] Avantages des outils "sociaux"

  1. disponibilité "ubiquiste" des signets: je peux accéder à mes signets depuis n'importe quelle machine pourvu que je sois connecté à internet.
  2. étiquettage (tagging): au lieu de classer mes signets dans des dossiers, je les "étiquette", ce qui me permet de les classer au moment même où je les mémorise.
  3. partage et "sociabilité": en même temps que je mémorise, je partage mes signets et je peux profiter du travail de sélection fait par d'autres utilisateurs de l'outil partageant des intérêts semblables aux miens.

La première finalité peut être atteinte, sans utiliser les outils de gestion des signets en ligne, par des méthodes moins faciles mais néanmoins encore très utilisées (et qui gardent une utilité complémentaire) que nous allons rapidement évoquer avant d'examiner les spécificités des outils en ligne proprement dits.

[modifier] export/import du fichier de signets

La méthode est rudimentaire: les signets engrangés dans le navigateur le sont sous la forme d'un fichier html (bookmarks.html sous Firefox) exportable (via l'interface de gestion des signets). Il peut être réimporté dans un autre navigateur ou mis sur un serveur web pour être utilisé comme un fichier de liens. Dans le cas où l'on veut paramétrer un navigateur à l'identique, il est plus simple de recopier/écraser le fichier existant avec le fichier exporté (ou copié directement). L'emplacement, pour Firefox est sous Windows:

C:\Documents and settings\compte\Application Data\Mozilla\Firefox\Profiles\xxxxxxx.default\bookmarks.html

sous Mac OS:

Utilisateurs>user>compte>Application Support>Firefox>Profiles>xxxxxxx.default>bookmarks.html

Il existe par ailleurs des outils de synchronisation automatique des signets, comme, par exemple, Foxmarks, une extension Firefox, qui au moment où le navigateur est lancé "synchronise" les signets, c'est-à-dire charge la dernière version du fichier de signets, quelqu'ait été la machine ou le compte depuis lequel il a été modifié.

[modifier] Liste(s) de liens sur une page personnelle

Une autre méthode pré-web 2.0 pour accéder à ses signets les plus utilisés était de mettre sur un serveur web une page html de liens éventuellement enrichie de quelques moteurs de recherche. Les pages personnelles paramétrables par la technique des widgets sont devenus un outil commun et intègrent la lecture de rss (iGoogle ou Netvibes...).

Les pages publiques de "liens" ou de "signets" (voir celles de la BNF ou du Cerimes), qui s'apparentent voire s'identifient aux répertoires de ressources web, sortent du cadre de cet article où il s'agit essentiellement d'étudier les outils qui permettent à l'internaute de mémoriser ses propres trouvailles.

[modifier] les gestionaires de favoris en ligne simple (del.icio.us)

L'idée de gérer les signets, privés ou publics, en ligne remonte quasiment aux débuts du web (itList en avril 1996) mais c'est en 2003 que del.icio.us[12] a rendu le concept populaire. Les technologies du web 2.0, Ajax en particulier, rendent l'opération rapide et facile. S'il existe de nombreux outils de gestion des favoris en ligne, del.icio.us reste le plus populaire avec plus de trois millions d'utilisateurs et environ 100 millions d'URLs mémorisées et il est une référence incontournable de tous les outils qui veulent échanger des données avec un outil de gestion de signets en ligne. Nous allons donc examiner plus précisément le fonctionnement d'un tel outil sur l'exemple de del.icio.us.

Le nom du service s'identifie avec son URL (http://del.icio.us) en une sorte de jeu de mots puisque le dernier élément (TLD géographique) correspond aux Etats-Unis (TLD rarissime dans la mesure où les Etats-Unis utilisent les TLD génériques dont plusieurs leur sont d'ailleurs réservés). Le service a été lancé fin 2003 par Joshua Schachter qui l'avait d'abord conçu pour la sauvegarde de ses signets personnels. Il a été racheté par Yahoo! en décembre 2005[13].

[modifier] Opérations de base

[modifier] ouvrir un compte

Comme pour tous les outils/services hébergés (web hosted), la première opération est l'ouverture d'un compte. L'accès au service et à son espace personnel sur le service se fera ensuite après identification (login).

Procédure:

http://del.icio.us > register
https://secure.del.icio.us/register

L'inscription sur del.icio.us est assez simple. En particulier elle ne demande pas un échange de courriels de confirmation. La fourniture d'une adresse électronique n'est pas obligatoire, elle est cependant hautement conseillée: c'est ce qui permettra de retrouver le mot de passe lorsqu'il a été oublié. Fournir une adresse consultable par webmail: c'est en général lorsqu'on n'est pas sur son ordinateur habituel qu'on a besoin de retrouver son mot de passe.

Etant donné la popularité du service, les noms d'utilisateurs (username) les plus courants ont toutes les chances d'avoir été pris (les prénoms en particulier). Il est donc souvent nécessaire de le particulariser, par l'ajout de chiffres par exemple.

Le choix du mot de passe (password) est régi par quelques contraintes: au moins 6 caractères, chaîne mixte lettres + symboles/chiffres et non utilisation du nom d'utilisateur ou du nom réel.

Enfin le captcha[14] permet d'écarter les robots et le détournement de l'usage de del.icio.us à des fins de promotion.

[modifier] installer del.icio.us dans son navigateur

Il existe trois méthodes d'intégration de del.icio.us dans le navigateur, soit, par ordre d'intégration décroissant:

  • extension ou module complémentaire
  • bookmarklets
  • page dédiée (posting)
[modifier] extension ou module complémentaire[15]

Immédiatement après enregistrement de l'inscription, del.icio.us propose d'installer les outils d'intégration du service dans le navigateur (step2). Il s'agit essentiellement de deux boutons qui vont apparaître dans la barre de navigation du navigateur: l'un pour mémoriser la page web où l'on se trouve, del.icio.us ouvre alors une fenêtre surgissante (pop-up) qui va permettre de saisir les données supplémentaires et les paramètres de la mémorisation (cf. infra), l'autre pour ouvrir dans le navigateur la page web du compte del.icio.us de l'utilisateur.

Image:Delicious boutons.jpg

Dans Firefox il existe, outre l'extension proposée en standard par del.icio.us (del.icio.us buttons [16], une extension, Delicious Bookmarks[17] proposée par Yahoo! (propriétaire de del.icio.us) qui outre les 2 boutons décrits ci-dessus, propose un troisième bouton ouvrant un panneau latéral qui permet une navigation aisée parmi les signets. En outre cette extension ajoute, dans la barre de menus, à côté du menu "Marque-pages" un menu "Delicious" qui peut (à l'aide de l'option "Hide Bookmarks Menu") totalement remplacer le précédent [18].[19]

Cette intégration "riche", par module complémentaire ajouté au navigateur, n'est possible que pour Firefox et Internet Explorer 7[20].

[modifier] bookmarklets[21]

Comme dit plus haut une bookmarklet ou signet scripté est un pseudo signet qui ouvre une applet, c'est-à-dire une mini-application sous forme d'un script javascript qui va exécuter certaines instructions. S'agissant d'applications en ligne (comme del.icio.us) les bookmarklettes permettent leur utilisation sans qu'il soit besoin d'ajouter du code au logiciel du navigateur. L'intégration par extension est plus puissante mais la multiplication des extensions peut ralentir le travail du navigateur et elles peuvent entrer en conflit, aussi les bookmarklettes constituent une alternative intéressante.

Dans le cas de del.icio.us, à chaque bouton correspond une bookmarklette qui va venir se placer dans la barre personnelle: l'une pour ouvrir la fenêtre surgissante de mémorisation, l'autre pour ouvrir la page web du compte del.icio.us actif[22]

L'utilisation des bookmarklets est possible avec, outre Firefox et IE, Safari et Opera.

[modifier] page dédiée[23]

Enfin, pour les autres navigateurs, ou dans le cas d'une navigation sans possibilité d'intervenir sur le navigateur, del.icio.us fournit une page où la mémorisation est possible par copier/coller de l'URL de la page à mémoriser. Il s'agit évidemment d'une solution de dépannage.

[modifier] mémoriser / tagging

La fenêtre pop-up déclenchée par le bouton Tag ou post to del.icio.us va permettre de mémoriser la page, d'ajouter au signet les métadonnées qui permettront de la retrouver facilement ensuite ainsi que de la paramétrer.

[modifier] URL, titre et description

L'élément invariable du signet est l'URL de la page mémorisée. Lui est associé automatiquement le titre de la page (cf. supra). Cet élément est modifiable (en particulier lorsque le titre de la page n'est pas significatif ou absent). Ensuite vient une zone de note qui permet de donner une description du contenu de la page. Cette zone est automatiquement renseignée lorsqu'on sélectionne une partie (textuelle) de la page avant de déclencher la mémorisation. Elle est limitée à 255 caractères et n'est donc pas destinée à faire des extraits de la page (voir au contraire infra: Diigo).

[modifier] étiquette(s)

L'étiquettage (ou tagging) est la fonction la plus caractéristique de del.icio.us, qui a contribué grandement à la popularisation de cette technique devenue emblématique du web 2.0. Alors que les signets du navigateur sont rangés dans des dossiers (avec donc une logique hiérarchique et une disjonction entre le moment de la mémorisation et celui de l'organisation), les signets dans del.icio.us recoivent une "étiquette" au moment de la mémorisation. Cette étiquette ressemble beaucoup à un mot-clé mais pour l'utiliser correctement il convient de garder à l'esprit qu'elle n'assume la fonction de mot-clé (décrire le contenu) que secondairement et qu'elle sert d'abord, pour l'utilisateur, à retrouver l'objet étiquetté dans l'ensemble des signets sauvegardés par cet utilisateur. Elle a une visée pratique et non d'abord intellectuelle. L'usage peut donc considérablement varier d'un utilisateur à l'autre. On reviendra plus loin sur les conséquences quant à l'usage collaboratif de cet étiquettage (folksonomies).

La façon dont les étiquettes sont utilisées ensuite pour retrouver les signets amène quelques règles quant aux choix à opérer au moment de l'étiquettage. L'URL de la page affichant, au sein d'un compte, les signets portant une étiquette particulière a la forme suivante:

http://del.icio.us/{{mon_compte}}/{{TAG}}

Il est possible de raffiner la recherche en combinant cette première étiquette avec une autre: l'interface affiche la liste des autres étiquettes associées aux signets affichés, il suffit alors de cliquer sur le petit "+" affiché devant l'une de ces étiquettes pour sélectionner les signets portant les deux étiquettes. La page porte alors l'URL:

http://del.icio.us/{{mon_compte}}/{{TAG}}+{{TAG2}}

En d'autres termes il est facile de faire une intersection booléenne (ET/AND) sur les étiquettes. En revanche l'union (OU/OR) n'est pas possible. Il faut donc privilégier un étiquettage "large" (analytique) et préférer utiliser deux descripteurs généraux plutôt que de créer un descripteur plus précis en combinant ces descripteurs généraux.

Par exemple: si je tague avec "littérature" puis "France", je pourrai retrouver les signets concernant la littérature française avec "/littérature+France". En revanche, si je tague avec "littérature française", je ne pourrais pas afficher tous mes signets concernant la littérature. Cette règle est d'autant moins gênante qu'on n'a pas intérêt à multiplier des étiquettes qui ne pointeraient que sur un petit nombre d'objets.

Les étiquettes multiples sont séparées par des espaces. Dans le cas où l'on veut saisir une étiquette comportant plusieurs mots il faut soit supprimer l'espace, soit le remplacer par un "souligné" ("_"). Del.icio.us préconise plutôt la première méthode, pourtant la seconde permet d'avoir des étiquettes lisibles et d'homogénéiser les méthodes d'étiquettages L'interface (fenêtre pop-up) propose en outre des outils qui facilitent l'étiquettage et l'accélèrent: un liste d'étiquette déjà attribuées dans le compte est produite à partir des mots du titre ou de la description. De plus la saisie produit au fur et à mesure la liste des étiquettes commençant par la même chaîne de caractères avec le nombre leurs occurences. Ces affichages permettent d'assurer ou du moins d'aider à la cohérence des choix d'étiquettage. Sont proposées en outre la liste d'étiquettes déjà attribuées par d'autres à la page web mémorisée lorsqu'elle l'a déjà été dans del.icio.us et une liste d'étiquettes spéciales permettant d'envoyer le signet à d'autres comptes (cf. infra).

[modifier] paramètres de partage

Le signet sauvegardé peut être public ou privé. Cependant cette possibilité est désactivée par défaut lors de la création d'un compte. Pour l'activer, aller sur la page:

https://secure.del.icio.us/settings/{{mon_compte}}/bookmarks/privacy

Cette fonction activée, la fenêtre pop-up comporte une case à cocher pour garder le signet privé, c'est-à-dire visible seulement pour l'utilisateur connecté au service avec les identifiants du propriétaire du compte.

[modifier] retrouver ses signets

La page d'accueil d'un compte liste les signets mémorisés en ordre chronologique inverse (les derniers sauvés sur le dessus). Les technologies Ajax permettent de modifier ou effacer le signet sans avoir à changer de page web. Avec le signet sont affichés ses étiquettes, clicables pour afficher tous les signets du compte qui portent cette étiquette, le nombre de personnes qui ont sauvegardé ce signet sur del.icio.us (indice de popularité) et la date de sauvegarde.

La recherche d'étiquette se fait directement sur le titre de la page qui reproduit son URL avec une zone de saisie où entrer l'étiquette ou la combinaison d'étiquettes (avec un signe "+" avec valeur de ET/AND booléen). En outre une fenêtre de recherche permet de faire une recherche en mode plein texte sur le compte, sur tous les comptes del.icio.us ou sur le web (par Yahoo!). Cette fonction permet de pallier en partie l'impossibilité de l'union booléenne sur les tags: ainsi en recherchant "littérature" par la fenêtre de recherche plein texte, je vais pouvoir retrouver à la fois les signets tagués "littérature française" et les signets tagués "littérature italienne", etc..

Mais l'accès le plus intéressant se fait par la zone d'affichage des étiquettes. Les étiquettes sont clicables et affichées soit sous forme de liste (avec indication du nombre de signets étiquettés) ou sous forme d'un nuage (Tag cloud [24]) qui permet d'avoir une vision panoptique des étiquettes et de l'ensemble des signets.

Lorsque les étiquettes deviennent très nombreuses et difficiles à appréhender de façon globale, il est possible de les regrouper en paquets ou bundles. Le bundle n'est pas une super-étiquette: sa fonction est de rendre l'affichage plus clair et il n'est pas possible de faire une recherche par bundle.

On a vu plus haut la méthode pour affiner la recherche sur les étiquettes.

[modifier] gérer ses signets

Les outils de gestion du compte se trouvent dans la partie settings.

https://secure.del.icio.us/settings/{{mon_compte}}/index

La gestion des étiquettes est assez sommaire: on peut soit renommer ses étiquettes (il est possible de remplacer un tag existant par plusieurs et non l'inverse) soit les détruire, à chaque fois depuis un menu déroulant, ce qui est assez rustique.

[modifier] Fonctions "sociales" (le "social" dans "social bookmarking")

C'est une des caractéristiques les plus commentée et discutée du web 2.0 que la perméabilité qu'il institue entre le contenu généré par un utilisateur pour lui-même et le contenu généré pour la communauté. Nous avons jusqu'ici envisagé les caractéristiques et les fonctions de del.icio.us en tant qu'elles répondent aux besoins de l'utilisateur individuel mieux que des outils plus sommaires. Cependant, dans la mesure où les signets mémorisés sont publics, dans la mesure aussi où ils sont pourvus de descripteurs, aussi sommaires soient-ils, les 100 millions de signets déposés dans l'ensemble des comptes del.icio.us représentent une base de données documentant le web, à la disposition de tous les internautes. D'où le nom générique de social bookmarking donné aux outils de gestion des signets en ligne.

[modifier] naviguer par les tags

Comme vu ci-dessus, il est possible d'élargir la recherche par étiquette à l'ensemble de del.icio.us. Cette méthode rencontre vite les limites de ce qu'on appelle les folksonomies, c'est-à-dire l'utilisation collective d'une indexation libre à finalité originellement individuelle. L'affichage des étiquettes déjà attribuées à une URL au moment où on la mémorise pousse à l'homogénéité de l'indexation mais ce n'est qu'une mesure incitative. L'utilisation des étiquettes pour retrouver des signets n'est ainsi efficace que pour certaines d'entre elles, moins équivoques (ex.: wikipedia). Il est alors possible de mémoriser une étiquette correspondant à un intérêt spécifique par la fonction subscriptions:

https://secure.del.icio.us/settings/{{mon_compte}}/people/subscriptions

qui permet de suivre, sur l'ensemble de del.icio.us ou sur un compte particulier, les signets marqués avec cette étiquette.

[modifier] saved by

Une autre manière de découvrir des signets sélectionnés par d'autres est de passer par la partie saved by de l'affichage d'un signet. Cette fonction permet de découvrir d'autres utilisateurs partageant les mêmes intérêts et de suivre leur parcours de mémorisation. Elle est particulièrement efficace dans le cas d'un signet peu partagé (petit nombre de saved by) et pourtant pertinente pour le titulaire du compte del.icio.us.

[modifier] your network

Lorsqu'on a repéré d'autres utilisateurs de del.icio.us dont le parcours de mémorisation est intéressant, que ce soit par la méthode évoquée ci-dessus ou simplement parce que ce sont des connaissances hors del.icio.us, il est possible de mémoriser leur compte par la fonction your network. Lorsqu'on affiche un compte extérieur, on trouve sur la page un lien "add {{nom_du_compte}} to your network" qui permet de rajouter ce compte à son réseau soit une "collection" de comptes dont les signets vont venir s'afficher ensemble sur la page:

http://del.icio.us/network/{{mon_compte}}.

Vous pouvez paramétrer votre réseau en mode privé, c'est-à-dire qu'il n'y a alors que vous qui puissiez voir qui vous avez mis dans votre réseau.

Depuis la page du compte extérieur il est possible de visualiser l'ensemble des signets (à partir du plus récent) des membres du network de cet utilisateur - à condition bien sûr qu'il n'ait pas paramétré en "privé" ledit réseau.

[modifier] links for you

L'ajout d'un compte dans your network génère une étiquette for:{{nom_du_compte}} dans la fenêtre pop-up de mémorisation. Cette étiquette permet "d'envoyer" le signet au membre de votre réseau que vous pensez suceptible d'être intéressé (lequel membre du réseau peut être vous-même dans le cas où vous avez décidé d'ouvrir plusieurs comptes del.icio.us spécialisés). Cette fonction permet d'organiser un réseau pour un travail collaboratif, chacun des membres envoyant au compte commun (compte de projet ou de labo, etc.) les signets pertinents en même temps qu'il les mémorise pour lui-même.

[modifier] syndication

Del.icio.us propose des fils de syndication "à façon" qui permettent non seulement d'être suivis au moyen d'un agrégateur RSS mais aussi de publier sa sélection de fils ailleurs sur le web (blogs, wikis, etc.), sous forme de listes ou sous forme de nuages de tags.

Fil RSS général du compte:

http://feeds.delicious.com/rss/{{nom_du_compte}}

Fil RSS sur un tag:

http://feeds.delicious.com/rss/{{nom_du_compte}}/{{TAG}}

Fil RSS sur une combinaison de tags:

http://feeds.delicious.com/rss/{{nom_du_compte}}/{{TAG}}+{{TAG2}}

Il est possible de régler une licence d'utilisation (droits réservés, domaine public ou licence Creative Commons) des fils de syndication[25]

[modifier] interopérabilité

L'interopérabilité entre les outils de gestion de signets en ligne ne pose généralement pas, étant donné la simplicité des méta-données, de problème majeur. Del.icio.us possède des fonctions d'import et d'export en particulier vers et depuis les gestionnaires intégrés aux navigateurs.

La popularité de del.icio.us et la relative simplicité de son traitement des signets peut pousser à l'utiliser concurremment avec un autre outil. Certains d'entre eux permettent de sauvegarder simultanément sur del.icio.us au moment de la mémorisation (ainsi avec Diigo, cf. infra).

Les signets mémorisés dans del.icio.us peuvent être publiés automatiquement sur un certain nombre de plateformes et de moteurs de blogues (Movable Type, Typepad, Wordpress...) à l'aide de la fonction daily blog posting[26]. La publication se fait sur l'ensemble des signets et ne peut être limitée sur un tag (à la différence d'un certain nombre d'applications web qui proposent un service analogue).

La plupart des applications utilisant des widgets (plateformes de blogues, réseaux sociaux, CMS, pages personnalisées comme Netvibes...) proposent des widgets spécifiques pour afficher les signets del.icio.us.


[modifier] Un gestionnaire "avancé" (Diigo)

Diigo[27] est un outil de gestion de signets en ligne qui, outre les fonctions classiques telles qu'examinées avec del.icio.us ci-dessus, permet de faire des extraits (ad libitum, très au-delà des 255 caractères autorisés sur del.icio.us) et de rajouter des annotations aux pages web mémorisées, c'est-à-dire que Diigo permet de faire dans l'univers numérique ce que l'on fait dans l'univers papier lorsqu'on fait une lecture "studieuse", crayon à la main.

Diigo offre d'autres fonctions avancées qui lui permettent d'interagir avec d'autres applications web. Nous allons examiner quelques unes des particularités de Diigo en passant rapidement sur les fonctions élémentaires de gestion des signets que nous avons déjà vues avec del.icio.us.

[modifier] intégration dans le navigateur

Comme avec del.icio.us, l'intégration dans le navigateur peut se faire à plusieurs niveaux[28].

[modifier] Diigo Toolbar

Intégration forte dans le navigateur. Les particularités de Diigo rendent l'intégration plus complexe: elle permet non seulement les opérations de mémorisation (y compris extraits et annotations) selon plusieurs modes: via une barre d'outils spécifique ou via un clic-droit sur la page mais aussi l'affichage sur la page visitée des extraits et des annotations faits par d'autres utilisateurs de Diigo lorsqu'ils les ont rendus publics.

La barre d'outil est disponible pour Firefox, Internet Explorer et Flock.

[modifier] Diigolet

Intégration plus légère par une "super bookmarklet": le bouton installable dans les signets du navigateur active une petite barre d'outil et un menu contextuel par clic-droit.

La diigolet est disponible pour (outre Firefox, Internet Explorer et Flock) Safari, Opera et Maxthon.

[modifier] utilisation des signets

La page d'affichage des signets permet "d'ouvrir" chaque signet, c'est-à-dire d'en afficher les extraits et les annotations sans avoir à recharger la page (technologies Ajax). Nombre d'actions sur les signets sont possibles depuis cette page via la sélection des signets concernés et le menu déroulant.

[modifier] publication

Les signets mémorisés dans Diigo peuvent être facilement publiés sur un blogue soit selon une procédure quotidienne automatique (analogue à la fonction daily blog posting de del.icio.us), soit sur une sélection de signets. La publication inclue les extraits et les annotations. Le code envoyé à la publication est un peu complexe (riche) et peut occasionner des conflits avec le CSS du blogue de destination. Il est alors souhaitable de nettoyer le code après envoi depuis la plateforme de blogue.

[modifier] WebSlides

Diigo propose une fonction originale et intéressante, en particuleir pour les formateurs: WebSlides[29] permet de transformer une liste de signets en diaporama interactif (les sites affichés sont actifs, clicables, etc.) affichant les sites mémorisés et les annotations attachées à ces sites. (Exemple de diaporama présentant les outils évoqués dans cet article: http://slides.diigo.com/list/bibliothecaire/mmoriser)

Les diaporamas sont sonorisables.

[modifier] Save Elsewhere

Cette fonction[30] permet de sauvegarder simultanément sur un autre site de social bookmarking les sites mémorisés sur Diigo. Disponibles: del.icio.us, Ma.gnolia et Simpy. Les particularités de Diigo en faisant un outil particulièrement intéressant pour les documents mais un peu lourd pour des mémorisations plus sommaires, cette fonction permet de concevoir une mémorisation en ligne à deux niveaux mais où l'un des sites (le plus simple, comme del.icio.us) collecte l'ensemble des signets et où Diigo est réservé aux lectures annotées.

Diigo offre par ailleurs des fonctions d'export et d'import globaux selon plusieurs formats.

[modifier] Un outil pour les happy few?

La réception de Diigo a été l'occasion de réactions assez contrastées[31]. La multiplicité de ses fonctions peut apparaître à certains comme compliquée. Il nous semble cependant que c'est un outil incomparable pour gérer en ligne, mémoriser et partager ses lectures. Et l'affichage rapide des extraits permet de retrouver instantanément pourquoi la page web mémorisée l'a été, voire l'utiliser directement sans avoir besoin de s'y rendre (alors que mémorisée par un outil plus simple, une page "document" peut devenir assez vite une énigme lorsqu'on la retrouve dans son compte).

Récemment, l'interface de Diigo a été profondément renouvellée. Cependant, si l'ergonomie a été améliorée, l'effort principal a été mis sur les fonctions "sociales" dont il ne soit pas sûr qu'elles soient la caractérisitique de Diigo qui puisse faire la différence.

En l'état, Diigo est le meilleur outil que nous connaissions pour gérer en ligne (et partager) les favoris que nous avons classé plus haut dans la catégorie "documents". Pour les autres types de favoris un gestionnaire plus simple (comme del.icio.us) est d'utilisation plus rapide et comme on vient de le voir, il est possible de collecter simultanément ses mémorisations dans Diigo dans un compte del.icio.us sans opération supplémentaire.


[modifier] autres outils (quelques exemples)

[modifier] Google Bookmarks

Un outil non social de gestion en ligne de ses signets[5].

[modifier] Ma.gnolia

Un del.icio.us à l'interface sophistiquée[6].

[modifier] outils mixtes

Certains outils gèrent à la fois les signets et les références (cf. infra) selon les caractéristiques spécifiques de ces objets.

[modifier] Bibsonomy

Bibsonomy est développé à l'Université de Kassel (Allemagne). Gestion des signets et gestion des références sont gérés séparément sur la même page[7]. C'est un outil remarquable dans son paysage par son souci de l'interopérativité et son respect des standards. Un outil à suivre.

[modifier] Connotea

Developpé par Nature, Connotea se présente d'abord comme un outil de gestion de signets mais où, en deuxième niveau, en quelque sorte, il est possible d'intégrer les métadonnées des références[8].

[modifier] 2collab

Outil de gestion de signets et de références développé par Elsevier, très orienté collaboration, à destination du public scientifique[9]. Intégré dans ScienceDirect.

[modifier] un outil à installer sur un serveur local: Scuttle

Scuttle[10] est un moteur de gestion de signets basé sur les technologies PHP et MySQL, en Open Source sous licence GNU (GPL), installable sur un serveur local. Ces fonctionnalités sont analogues à celles de del.icio.us et permettent d'intégrer la fonction de gestion de signets dans un système d'information local ou institutionnel complètement maîtrisé.

Scuttle n'est plus développé depuis quelques mois mais il a donné naissance à un projet plus ambitieux: Semantic Scuttle[11].


[modifier] Références

Nous venons d'observer la gestion des signets sous toutes ses formes, les lignes qui suivent ont trait à la 2e catégorie évoquée en introduction : la gestion des références liées à un document, généralement appelées références bibliographiques.

Ici, le sujet n'est pas d'appréhender "comment gérer une bibliographie", une section du guide Repère y est consacrée, mais comment mémoriser des documents ou leurs références au grès d'une navigation sur le web.

[modifier] La référence bibliographique - contexte

Si le signet reprend le principe de la référence bibliographique ("faire réference à"), au regard de ces guides et de la norme en question on comprend que la rédaction de références bibliographiques n'est pas triviale et s'éloigne apparemment de la facilité de l'activité de "bookmarking".

Depuis peu des outils mixtes ont vu le jour, il sont capables de gérer les signets mais aussi les références bibliographiques. Sur cette page on trouvera une comparaison entre des outils de gestion de références... mais disons le toute suite très peu d'outils sont mixtes. On retiendra pour les outils en ligne : citeUlike, connotea, bibsonomy et en local : Zotero.

[modifier] outils en local

[modifier] EndNote

[32]

[modifier] Zotero

Zotero [zoh-TAIR-oh] [42]

Zotero est une extension du navigateur firefox (ou Flock). Il permet mémoriser des références bibliographiques, des URL des site web, des copies d'écrans au grès de sa navigation sur le web.

Pour installer Zotero il suffit donc de se rendre sur http://www.zotero.org/ et de cliquer sur le gros bouton rouge "Download". Une fenêtre d'installation apparaît alors, il convient d'appuyer sur "installer" et de redémarrer Firefox. L'icône Image:IconeZOTERO.jpg apparaîtra alors en bas à droite de navigateur. En cliquant sur cette dernière vous ouvrirez l'interface de zotero. Zotero est toujours actif que l'interface soit déployée ou non.

[modifier] Atouts

  • Gratuit (cf. Educational Community License)
  • Installation facile (extension du navigateur FireFox)
  • Multi OS (extension du navigateur FireFox)
  • filtre de nombreuses ressources (cf Infra)
  • Gestion des références bibliographiques et des signets (Cf infra)
  • Principaux styles bibliographiques (développement régulier) :
  • Connexion/interaction avec MsWord, OOo, neoOffice
  • équipe de développement et soutien financier
  • Perspectives de développement  : Remote library backup, Shared collections, Access your library from anywhere via the web, Advanced search and data mining tools, Recommendation engine and RSS feeds, Wide variety of import/export options

[modifier] Principes

Deux principes président lors de l'utilisation de cet outil :

  • la recherche de références bibliographiques par filtrage (parsing) des pages visualisées par le navigateur.
  • la possibilité de mémoriser aussi bien des références bibliographiques que des signets.

Zotero va analyser le code source de la page HTML que vous lisez avec votre navigateur à la recherche de métadonnées standardisées de type Dublin Core ou des métadonnées spécifiques à un entrepôt d'information (Base de Données, Archive Ouvertes, Catalogues, ...) pour lesquelles Zotero possède un filtre (Cf. fig A et B.)

Zotero affiche alors dans la barre d'URL une icône en fonction du type de documents ou de sources (plusieurs types : références bibliographiques multiples, référence unique, page web, vidéo, image, ... cf fig C)

fig A

fig B

fig C

Image:IconZOTEO-75.jpg

En cliquant sur une de ces icônes vous insérez alors la référence au document en question dans la base zotero [43], qu'il s'agisse d'une (ou des) référence(s) bibliographique(s) issues de bases de données, de moteurs de recherche, de catalogues ou qu'il s'agisse encore d'une page web, d'une vidéo, d'une photo, ... (cf fig D)

Selon les options souhaitées par le menu "préférences Image:Engrenage.jpg" une copie du fichier PDF de la référence bibliographique, une copie web de la page, de la photo, ... pourra être téléchargée dans la base zotero et jointe à votre référence.

fig D

Quand zotero n'affiche pas d'icône dans la barre d'URL, il est possible d'ajouter une référence par les boutons Image:Chaine.jpgImage:Capture.jpgImage:Nouvel element.jpg.

  • le premier effectue une opération similaire à l'insertion de signet dans son navigateur. L'URl est insérée dans la base zotero, avec le titre de la page et la date de consultation (on voit là l'orientation bibliographique)
  • le deuxième réalise un enregistrement de la page web avec l'url et la date. On pourra ultérieurement l'annoter par le menuImage:Annotation.jpg
  • le troisième opère les deux actions précédentes en même temps.

[modifier] ... et après ?

Une fois les références (Bibliographiques ou signets) intégrées (et éventuellement les documents primaires joints), Zotero se comporte finalement comme d'autres outils de gestion de références bibliographiques :

  • possibilités de tri, de recherche, ...
  • interaction avec des logiciels de traitement de texte pour une insertion facilitée des citations et gestion de la bibliographie (Cf. renvoi sur le texte adhoc dans le guide)
  • on notera une gestion des mots clés "à la mode 2.0". Possibilité de "taguer" les références par drag&drop.
  • on n'oubliera pas les possibilités d'exportation des références. Vous choisirez d'exporter votre bibliothèque (ou collection) en... (plusieurs exemples, non exhaustif) :
    • Zotero RDF pour échanger avec d'autres utilisateurs de zotero ou sauvegarder vos données (en attendant que Zotero Server et/ou Zotero commons soient opérationnels) en cochant par exemple "les notes" et "les fichiers". Attention toutefois au poids de "l'export" (le dossier comprenant le fichier RDF + les répertoires de contenus)
    • BibteX, Refer-BibeX, pour échanger seulement vos références avec d'autres logiciels de gestion de références (" en local" : Endnote, bibus, zotero, ... ou "en ligne" CiteUlike, Bibsonomy, EndNoteWeb, ...)
    • RIS, pour échanger vos références avec les notes avec d'autres logiciels de gestion de références qui acceptent ce format.

[modifier] Développements

Pour connaître les développements à venir de Zotero vous pouvez

  • consulter en 1ere page le texte grisé.
  • plus précisément, vous rendre aussi sur la la roadmap
  • et puis n'oubliez pas l'actu de zotero

Ce qu'il convient de retenir, concernant les futurs développements, dans le contexte de cet article, c'est la possibilité de partager en ligne ses collections, notes et tags (motsclés) issus des bibliothèques zotero de plusieurs utilisateurs.

[modifier] Liens utiles


[modifier] autres outils locaux

[modifier] Bibus

[33]

[modifier] Bibdesk

[34]

[modifier] outils en ligne

  • citeUlike
  • Connotea,
  • Bibsononomy
  • ...

Les outils cités ci-dessus ne sont pas équivalents mais ils procèdent de la même logique : mémoriser en ligne des références (Bibliographiques ou signets). Certains sont clairement spécialisés pour les références bibliographiques (CiteUlike, http://fr.citeulike.org), d'autres sont orientés "signets" mais permettent au détour d'un menu dédié d'intégrer des références bibliographiques (connotea, http://www.connotea.org/), d'autres encore affichent simplement leur dualité (bibsonomy, http://www.bibsonomy.org/). Ces exemples indiquent qu'une typologie exhaustive et tranchée est une entreprise difficile. Il convient alors d'expliciter un de ces services pour comprendre la logique générique liée aux outils cités, le lecteur trouvera dans l'aide de chacun, leurs fonctionnalités spécifiques et leurs développements.

Nous commenterons CiteUlike, l'un des premiers (2004, le 1er ?) services pour partager ses références en ligne : http://www.citeulike.org/ , on notera une interface en français (presque tout) http://fr.citeulike.org.

[modifier] CiteUlike

[modifier] principes de base

Le fonctionnement de CiteUlike réside dans trois grands principes d'intégration de références :

  • une intégration automatisée par une Bookmarklets à ajouter à son navigateur
  • une intégration automatisée à partir d'une liste de sommaires présentée au sein de citeUlike
  • une intégration manuelle

Comme à l'habitude, on commencera par s'inscrire : http://fr.citeulike.org/register. On installera ensuite la Bookmarklets : http://fr.citeulike.org/post puis on se rendra sur une des sources supportées par la Bookmarklets citeUlike [35] ou encore la liste des sommaires des derniers numéros de quelques 11500 revues en lignes (http://fr.citeulike.org/journals) pour intégrer sa première référence. Il convient d'afficher la notice d'un document dont on souhaite la référence, d'utiliser ensuite la Bookmarklets (sources supportées) ou le bouton "copy" (liste de sommaires) pour mémoriser cette dernière.

[modifier] enrichissement de la référence

Lors de la sauvegarde vous pouvez associer des mots-clès à votre référence. Ils constitueront des "tags" par lesquels vous pourrez retrouver vos documents dans votre bibliothèque ("My library"), mais ils permettent aussi aux utilisateurs de citeulike de partager des références par centres d'intérêts. Vous pouvez aussi joindre à votre référence le document primaire dont elle est issue au format PDF, partager la référence en cours de mémorisation avec des groupes spécifiques que vous aurez préalablement constitués ou rejoints, décider une priorité de lecture du document et choisir de ne pas partager la référence avec les autres utilisateurs. Vous avez à tout moment la possibilité d'éditer et rééditer la référence, ajouter des notes, faire une recension du document...

En procédant ainsi vous constituerez une bibliographie voire votre bibliothèque (cf. perspective).

[modifier] ... et après ?

Comme tout autre logiciel de gestion de références bibliographiques, citeulike dispose de fonctions d'import/export (bibteX et RIS) qui permettent ainsi de mémoriser massivement dans citeulike tout au partie d'une somme bibliographique issue d'autre services ou logiciels et vice versa.

citeulike dispose aussi d'autres fonctionnalités qui vous permettrons par exemple :

  • d'agréger (wachtlist) les références associées à un tag, un utilisateur, ... dans une sorte de liste de veille.
  • de surveiller par fil rss les ajouts de références pour un utilisateur, un tag, ...
  • de créer un groupe de partage
  • de créer un blog (minimamliste)
  • de connaître vos "voisins" de thèmes, ceux avec qui vous partagez au moins un articles
  • rentrer en contact (connection) avec d'autres utilisateurs

[modifier] autres outils en ligne

[modifier] Winkindx

[36]

[modifier] Refworks

[37]

[modifier] EndNoteWeb

[38]

[modifier] interopérabilité avec Zotero

Trois formes d'interopérabilité peuvent s'entendre.

  • par l'icône "dossier" dans la barre d'URL, zotero parse CiteUlike (entrepôt reconnu)
  • par un click sur le bouton RIS en bas de page d'une liste de références (Attention au nombre de références affichées)
  • par export d'un fichier BibTeX (click sur le bouton BibTeX) , puis import par le menu adhoc de Zotero.

Une remarque importante, seule la première forme (le "dossier") semble ne pas générer de problème de caractère accentués lors de la création des notices (intégration des références)

[modifier] outils mixtes

Certains outils gèrent à la fois les signets et les références (cf. infra) selon les caractéristiques spécifiques de ces objets.

[modifier] Bibsonomy

[39]

[modifier] Connotea

[40]

[modifier] 2collab

Outil de gestion de signets et de références développé par Elsevier, très orienté collaboration, à destination du public scientifique[41]. Intégré dans ScienceDirect.


[modifier] Autres mémorisations

Nous nous sommes limités ici à examiner les outils qui permettent de mémoriser des pages web (favoris) et ceux qui mémorisent des références de documents. S'ils sont les principaux outils de mémorisation, ils n'épuisent pas les techniques de mémorisation disponibles. Nous en rappelons ici quelques unes pour mémoire.

[modifier] catalogues en ligne

Ils permettent de mémoriser des livres. Les outils de gestion de références permettent, entre autres documents, de mémoriser des livres mais ces outils sont conçus spécifiquement pour le catalogage. Ils fonctionnent par extraction des métadonnées depuis les réservoirs bibliographiques, catalogues de bibliothèques ou libraires en ligne, Amazon en particulier. Ces métadonnées sont souvent inexactes ou corrompues et pour une description "propre" il est souvent besoin de les corriger.

Si leurs interfaces sont riches et agréables, ils offrent une faible interopérabilité avec les outils de gestion des références. La donnée d'identification de base pour ces outils est l'ISBN et les fonctionnalités d'import et d'export sont pauvres, en particulier ils ne produisent pas les formats bibliothéconomiques classiques.

Ils ont spécifiquement destinés à la constitution en ligne de catalogues de bibliothèques personnelles et à l'échange de conseils et d'impression de lecture. Cependant le dynamisme de leurs interfaces a pu inspirer des expériences dans le domaine des bibliothèques.

[modifier] outils spécialisés

Un outil comme VodPod[46] permet de mémoriser et de traiter sur un même site des clips vidéos provenant de différentes plateformes.

[modifier] mémorisation intégrée aux plateformes

CF. supra.


[modifier] Perspectives

[modifier] La mémorisation comme expression

Du bookmarking au lifestreaming

Dis moi ce que tu mémorises, je te dirai :

  • ce que tu fais
  • ce que tu lis
  • ce que vas écrire
  • ... ce que tu es

Qu'il s'agisse de mémoriser dans un cadre professionnel ou personnel, cette activité n'est pas neutre elle nous renseigne et nombre d'intelligences sont possibles. A contrario c'est aussi un moyen d'expression furtif pour qui n'a pas l'énergie, le temps, le souhait d'écrire des billets plus ou moins longs sur un blog. L'apparition et le développement des tiny-blog (ex tumblr, ...) souligne ce fait

[modifier] La mémorisation comme évaluation

Du bookmarking aux Nmétrie en passant par le usercentric

En mémorisant des références chaque utilisateur indique ses centres d'intérêts et vote en quelque sorte pour un site, une page, un document. A différentes échelles ces informations peuvent être utilisées pour évaluer la popularité d'une source :

  • par les moteurs de recherche (usercentric)
  • par des instances d'évaluation (Nmetrie)

Bien entendu tout n'est pas (encore ?) en ligne, public et partagé, mais la centralité inhérente de ce qui est fortement partagé a très souvent servi de mode d'évaluation.

[modifier] La mémorisation et la bibliothèque numérique

Du bookmarking aux stockages partagés ref+doc

Non l'avons vu avec des plateformes comme CiteULike ou à travers les développements de Zotero. La mémorisation de références s'accompagne de plus en plus souvent de la possibilité d'adjoindre le document primaire (origine de la référence). En projetant massivement ce modèle sur des communautés de lecteurs on peut imaginer la construction "bottom-up" de bibliothèques numériques spécialisées (spécifiques du moins). Seule la question des droits de diffusion/publication des documents vient contrarier ce rêve de bibliothèque universelle. Ce type de processus n'est pas sans rappeler les projets d'archives ouvertes, tels qu'ils peuvent être construits au sein de nos institutions. Ici pas de problème juridique les référenceurs/déposants possèdent les droits de diffusion de leur document primaire.